En France : que nous disent les scores des écologistes et des gauches ?

En France : que nous disent les scores des écologistes et des gauches ?
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Écume ou véritable séisme ? On aurait tort de ne pas percevoir, derrière un excellent score, son caractère quelque peu instable (versatilité, faible sûreté du vote jusqu’à la dernière minute) à la grande différence du vote RN, qui n’est pas seulement le double sur le plan quantitatif mais qui s’enkyste de scrutins en scrutins.

[cmsmasters_dropcap shortcode_id= »69f3d3324e » type= »type2″]L[/cmsmasters_dropcap]es résultats du scrutin européen dessinent un paysage politique en partie inattendu. Au chapitre des mauvaises nouvelles, l’inquiétante percée des extrêmes droites en Europe, en Belgique, Italie, Hongrie, Pologne et en France où la liste des RN (ex FN) arrive en tête avec plus de 23 % des voix. À force de se répéter, de scrutin en scrutin, et de se renforcer partout en Europe, l’extrême droite accroît la pression sur les institutions démocratiques et assoit son idéologie mortifère dans l’esprit des Européens. C’est un constat que nous devons avoir toutes et tous en tête si nous ne voulons pas que les futures années soient dominées par des politiques sécuritaires, xénophobes, nationalistes, « illibérales » (selon le terme consacré).

Au chapitre des bonnes nouvelles, la progression significative des écologistes en Europe. En France, avec 13,47 %, Europe Écologie Les Verts crée la surprise dans un paysage à gauche totalement dévasté : PCF à 2,5 %, Générations à 3,3 % ; dégringolade de la FI qui n’a pas réussi son « hold-up » sur les forces progressistes et écologistes… Cette situation ne peut pas nous réjouir car l’émiettement des forces politiques qui se réclament des écologistes et de la gauche d’émancipation est un véritable handicap pour l’emporter aux élections à venir (municipales, régionales, nationales) et rendre possible la mise en œuvre d’un projet associant justice sociale et justice environnementale.

 

Ouvrir grand(es) les portes, les fenêtres, le jardin.

Notre responsabilité, en tant qu’écologistes engagés dans EÉLV, n’est pas de nous replier sur notre petit capital électoral (avec 13,5 % mais avec une forte poussée autour de 25 % pour les jeunes de 18 à 25 ans), soit la moitié du capital d’extrême droite, mais d’ouvrir grand(es) les portes, les fenêtres, le jardin et d’écouter le bruissement des feuilles ou ce qu’il reste des insectes, le bruit des arbres et la colère des femmes et des hommes.

Oui, nous n’avons plus le temps ! Oui le climat se réchauffe ! Oui les glaciers fondent plus rapidement que prévu ! Oui les inégalités se renforcent et nos démocraties sont de plus en plus fragiles, etc. C’est pourquoi toutes les petites différences qui, jusque-là, nous séparent et nous empêchent de travailler ensemble, ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale, les 3 millions de personnes qui ont voté pour EÉLV, à ces échéances européennes, lui demandent de se dépasser, d’associer, de combiner, de croiser les parcours politiques et les types d’engagement (associatif, mouvementiste, syndical, partidaire…) autour d’un projet écologiste et social, d’une voix alternative articulant critique sociale et critique écologique du capitalisme. Ne laissons pas l’écume retomber.

 

PHOTO XAVIER CANTAT

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