« Il paraît de moins en moins excessif de parler de fascisation rampante »

« Il paraît de moins en moins excessif de parler de fascisation rampante »
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Une extrême droite qui, en France du moins, ne progresse pas mais reste en tête. Un pari présidentiel, toujours en France, qui n’est pas réussi mais pas perdu non plus. Des écologistes qui montent, en France et dans plusieurs pays de l’ouest européen.

 

[cmsmasters_dropcap shortcode_id= »69f3d3324e » type= »type2″]C[/cmsmasters_dropcap]ette élection est une étape. La course va reprendre. Ici, ce sera bientôt pour les municipales. Les écologistes tenteront-ils l’échappée solitaire, feront-ils une course d’équipe ? Les vrais démocrates trouveront-ils une nouvelle voie politique qui puisse déboucher sur un large rassemblement populaire ? La presse nous presse de répondre maintenant. Ne nous pressons pas de nous croire arrivés.

Une fois dans le passé les écologistes ont fait un très bon score aux Européennes mais n’en ont pas fait grand-chose ensuite. Ce fut un bref moment d’égalité avec un PS encore puissant. Cette fois, la donne est différente. La gauche, enfermée dans le traditionnel, s’est effondrée et la droite classique aussi. Même s’il n’est pas arrivé premier, Macron n’a pas perdu. Le paysage politique est modifié. Mais En Marche n’a pas réussi à s’imposer malgré sa tentative de verdissement. 

 

Revenons à l’Europe. Il faut que ceux qui veulent la maintenir comptent sur ceux qui veulent la changer.

Revenons à l’Europe.  Il faut que ceux qui veulent la maintenir comptent sur ceux qui veulent la changer. Mais le repli nationaliste peut progresser dans les États. En réalité, le capital n’en a cure. Il adapte ses soutiens à ses besoins. Il alimente des guerres, pour l’instant extérieures mais l’Ukraine, la Russie, la Turquie ne sont pas loin. Il renforce les pouvoirs de sa police et son arsenal de domination. Il paraît de moins en moins excessif de parler de fascisation rampante. Il est prêt à remplacer la version démocratique de sa domination par la version national fasciste quand il le faudra. Cela ne se limite pas au champ politique comme le révèle le procès des dirigeants de France-Télécom. Pour l’instant il trouve avantage à se maintenir en jouant électoralement un nouveau type de bipartisme. Ça fonctionne encore à peu près. Si son côté face vient par trop à se ternir, il s’appuiera sur un vote populaire qui croit encore s’opposer ainsi à lui, pour se tourner du côté pile. Il sait qu’une fois sorti de sa caverne, le monstre s’autonomise et sème la désolation, mais il s’en accommode. Cela ne doit avoir qu’un temps, il ne faut pas être trop regardant sur les effets collatéraux.

Le capital a pourtant un véritable ennemi. Fin du moi, début du nous. Ce « nous » porte une vision anthropologique de ce qu’il faut changer, intégrant dans un même mouvement le social, l’écologique et le démocratique. Pour l’instant tout cela demeure encore éparpillé. Mais la gauche traditionnelle qui luttait pour la taille des miettes tombées de la table des Trente glorieuses productivistes est aujourd’hui dans l’impasse. Cela crée une disponibilité nouvelle pour chercher autre chose. Le capital ne sait que grossir, il crèvera quand il n’aura plus assez à manger, ça vient. Mais il aura d’abord tout détruit. Nous n’avons donc d’autre choix que de l’affronter délibérément, sans chercher à contourner l’obstacle.

Le pouvoir ne changera pas de main comme ça, pour nos beaux yeux. Il y aura des combats de plus en plus durs. Comment terrasser le dragon avant que tout ne brûle ? Puisque toujours les élites élues prennent leur indépendance à l’égard de leurs mandants, puisque faire confiance en certains élus ne suffit pas à changer le système, puisque s’abstenir n’est pas agir, puisque le temps est compté et que cette donnée est nouvelle et incontournable, envoyer même de parfaits guerriers lutter dans les institutions existantes ne peut plus être le seul levier à actionner.

À situation nouvelle, réponse nouvelle. Jamais encore n’a été tenté de permettre au plus grand nombre de passer à la maîtrise des choix politiques. Inventer la traduction politique de ce qui existe déjà dans la société avec tous les mouvements qui luttent, avec les expérimentations alternatives coopératives, avec les forces qui ne se laissent plus enfermer, parcelliser, stériliser par les règles institutionnelles. Mais la voie est étroite, le risque toujours présent, sur cette ligne de crête, de dévisser sur la mauvaise pente, de faire le mauvais choix. La politique traditionnelle ne se rejette pas d’un revers de main. Il n’y a pas de vide en politique mais le risque de chute borde le chemin politique. La volonté fait tenir la route. Nous savons ce que nous voulons, ensemble.

 

FRANÇOIS LOTTEAU
ET PIERRE ZARKA

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