Le Bruit des Arbres – Opus de juin 2019

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PAR FRANÇOIS LOTTEAU

 

[cmsmasters_dropcap shortcode_id= »69f3d3324e » type= »type2″]J[/cmsmasters_dropcap]uste une petite fièvre, un brin de rougeur sur les joues,
Dis, l’Humanité, dis, ouvre les yeux, écoute,
Regarde-moi, tu m’entends, lâche pas comme ça.
Ça crève autour de toi, en désespères-tu ?
Avant que la terre tremble, les animaux se taisent.
Ils fuient, prévenus, et nous nous restons, sourds.
Le grand silence des oiseaux, des insectes,
Cette fois, ce n’est pas leur fuite, ils sont morts.
Le bruit des moteurs couvre leur absence.
Ce n’est rien dis-tu, juste une petite fièvre.
On a voté pour un peu d’aspirine.
Et une dose de cheval d’anesthésique.
Même pas mal, la guerre. Je te vois pas mourir.
Tu ne me vois pas mourir, l’Humanité.
Panne sèche, plus une goutte, sous un soleil de plomb.
Juste une petite fièvre. Qui va passer ? J’ai soif.
Exode, sur la route il y a plein de gens,
Ils fuient d’autres humains. Les cris, la peur, la faim.
Ça pue, ça vit, peut-être tuer l’ennemi.
Exil, seul sur cette route. Seuls mes pas résonnent.
Où est l’ennemi, où sont les autres ? Pas un rat.
Personne ne viendra bouffer mon cadavre.
Fukushima, mon amour ! Le Jourdain à sec.
Le désert est devenu inutile.
Je vais passer la frontière, pas de soldat.
Un automate hurle : « Poète, vos papiers ! »
J’avance. Crépitements automatiques.
Je meurs d’une petite fièvre
Avec un prénom sur mes lèvres
Et quelques souvenirs heureux
Quelque part au fond de mes yeux.
Vieux souvenir, vieille chanson, je chantonne.
En ce temps on savait déjà.
Mon destin, Humanité ton destin.
Richard, ça va ? Il n’y a plus rien, tu sais.
Dans un bistrot du vieux Paris, dernier verre.
Et ce type, là, qui parle encore de sa meuf
Et de sa bagnole. Elle a bien roulé,
Elle est bien roulée. On est allés en Camargue
A poil, génial, y’avait pas un moustique.
On a bouffé les couilles d’un taureau mort.
Encore mieux qu’au Center parc.
Je sors. Froid. Nuit. Nausée. Vertige.
Je tombe entre deux bagnoles. Caniveau.
C’est toi Cosette ?
C’est quelle adresse l’Humanité ?
J’habitais dans un parti, rue de l’Espérance,
Mais c’était trop petit. Pas les moyens de s’agrandir.
Alors on squatte le monde.
Ma blessure, tu vois, c’est Géronimo qui finit dans un cirque
Au service du tueur de bisons. Je supporte pas,
Ça me fait mal tout le temps. Lui non plus il a pas supporté.
Il a voulu que ça se sache. Il espérait encore quelque chose ?

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Jusqu’à présent, lecteur, suivant l’antique usage,

Je te disais bonjour à la première page.

Mon livre, cette fois, se ferme moins gaiement ;

En vérité, ce siècle est un mauvais moment.

Tout s’en va, les plaisirs et les moeurs d’un autre âge,

Les rois, les dieux vaincus, le hasard triomphant,

Rosafinde et Suzon qui me trouvent trop sage,

Lamartine vieilli qui me traite en enfant.

La politique, hélas ! voilà notre misère.

Mes meilleurs ennemis me conseillent d’en faire.

Être rouge ce soir, blanc demain, ma foi, non.

Je veux, quand on m’a lu, qu’on puisse me relire.

Si deux noms, par hasard, s’embrouillent sur ma lyre,

Ce ne sera jamais que Ninette ou Ninon.

 

Alfred de Musset

1810-1857

[/cmsmasters_tab][cmsmasters_tab shortcode_id= »iaast98af9″ title= »Les vraies richesses »]

Maintenant, les champs se lèvent pour le combat du peuple de la vie, contre la société des faiseurs de mort. Nous sommes une immense forêt en marche. Nous emportons lourdement avec nous nos délices et nos terreurs; notre implacable férocité et la douceur de nos mains de feuilles.

A mesure que nous avançons, les états civilisés fourmillent devant nos pas de monstres en fuite. Des lois de désespoir font tournoyer autour de nous de fausses tempêtes, de fausses saisons, de fausses nuits, mais rien, sauf la loi du monde, ne peut arrêter la germination des graines et la marche de la forêt.

 

Jean Giono

1895-1970

[/cmsmasters_tab][cmsmasters_tab shortcode_id= »c7jyg6rs7″ title= »Marchands d′amis »]

Les hommes n’ont plus le temps de rien. Ils achètent des choses toutes faites chez des marchands. Mais comme il n’existe pas de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis.

 

Antoine de Saint-Exupéry

1920-1944

 

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