Le Bruit des Arbres – Opus de septembre 2019

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PAR FRANÇOIS LOTTEAU

 

[cmsmasters_dropcap shortcode_id= »69f3d3324e » type= »type2″]M[/cmsmasters_dropcap]ême combat.
Social et écologique.
Écologique et social.
Même combat.
Pour quoi, nous le savons.
Mais savons-nous comment ?
« Depuis tant de grands soirs … »
Avec qui ? La filiation est longue.
Des milliers de fils ténus
portent la transmission.
Relier toutes les libérations,
toutes les luttes
contre toutes les oppressions,
avec le sauvage pour lien,
avec pour lieu le bassin-versant,
avec pour moyen
l’écriture et la politique.

 

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Clique sur les titres à gauche pour faire apparaître de très beaux textes…

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Donc, pour certains qui poussent à un degré excessif l’orgueil du sexe, la femme n’est qu’un instrument à l’usage de l’homme. Avec une pareille mentalité, l’usage, forcément, comporte des abus.

L’imbécile orgueil d’espèces, de castes, de classes conduit les sultans orientaux à s’arroger droit de torture, de vie et de mort sur leurs sujets. De même il fait croire aux puissants de partout que leur pouvoir sur les plus faibles est un droit naturel.

Et dans l’ordre de la nature l’esprit humain, par orgueil, ne s’égare-t-il pas ? Quand, pour une éphémère satisfaction du palais, une gloriole d’adresse, un bizarre accès de vanité, nos bêtes de basse-cour sont gavées, mutilées de manière à obtenir un développement exagéré du foie, une finesse de chair plus grande ; et les hôtes gracieux des forêts acculés, sous prétexte de chasse, à la mort la plus douloureuse, sommes-nous bien dans notre rôle de créatures raisonnables ? Pas plus qu’une jeune fille n’a été élevée pour la satisfaction égoïste et brutale d’un mâle, ces êtres sur qui nous avons quelque supériorité d’intelligence ne nous ont été livrés que pour le martyr. Notre jugement est faussé par l’orgueil.

Marie Valette

25 février 1910.

Dans Emile Guillaumin, Paysans par eux-mêmes. Paris, Stock, 1953. Pages 117-118.

Epicière, fondatrice d’une coopérative à Langy dans l’Allier (276 habitant.e.s en 2016).

[/cmsmasters_tab][cmsmasters_tab shortcode_id= »qipjvl0ihh » title= »Ce qu’il faut faire, ce n’est pas de la mise en scène, pas du blabla. Il est urgent de couper la mèche allumée. Combien de temps reste-t-il ? Avec pour moyen la politique. »]

Walter Benjamin

Avertisseur d’incendie. Dans Rue à sens unique. Paris, Allia, 2015. P. 74-75.

La représentation de la lutte des classes peut égarer. Il ne s’agit pas d’une épreuve de force où se trancherait la question : qui triomphe, qui succombe ? Ni d’un combat à l’issue duquel le vainqueur se porterait bien et le vaincu mal. Penser de cette manière, c’est maquiller les faits de romantisme. [ ] Avant que l’étincelle n’arrive à la dynamite, il faut couper la mèche qui brûle. L’intervention, le danger et le rythme de l’homme politique sont techniques et non chevaleresques.

[/cmsmasters_tab][cmsmasters_tab shortcode_id= »805ns9utrl » title= »« Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part… » n’ont rien compris à ce qu’est le lieu que chacun doit trouver. Lieu sauvage de la culture. »]

Gary Snyder

Le sens des lieux. Ethique, esthétique et bassins-versants. Ed. Wildproject. 2018. EO « A place in space » 1995.

Fin de La redécouverte de l’île tortue :

Nous voulons tous au final revendiquer une indigénité et des chants, des danses, des perles, des plumes et des responsabilités profondes qui les accompagnent. Nous sommes tous des autochtones de cette planète, cette mosaïque de jardins sauvages que la nature et l’histoire nous invitent à réhabiter avec un bon esprit. Une partie de cette responsabilité consiste à trouver un lieu. Pour restaurer la terre, chacun doit vivre et travailler dans un lieu. Travailler dans un lieu revient à travailler avec les autres. Les gens qui travaillent ensemble dans un lieu deviennent une communauté et une communauté, avec le temps, développe une culture. Travailler pour le compte de la nature sauvage équivaut à restaurer la culture.

[/cmsmasters_tab][cmsmasters_tab shortcode_id= »wcf568zenn » title= »J’ai entendu récemment à la radio que Maurice le Coq avait des ennuis parce qu’il faisait du bruit. Cela dérangeait les voisins. En hommage à Maurice, « ]

Texte de Henry D. Thoreau, dans Marcher.

Ed. Le mot et le reste. 2007-2017. EO 1862.

 

Avant tout, on ne peut se permettre de ne pas vivre dans le présent. Il est béni entre tous les mortels, l’homme qui ne perd aucun instant de la vie qui s’écoule à se souvenir du passé. A moins qu’elle n’entende le coq chanter dans chaque basse-cour de notre horizon, notre philosophie est dépassée. Ce son nous rappelle en général que nos activités et nos habitudes de pensée deviennent rouillées et surannées. Sa philosophie est plus à l’heure que la nôtre. Elle suggère quelque chose qui n’est ni dans Platon ni dans le Nouveau Testament. C’est un testament plus nouveau, l’évangile selon le moment présent. Lui n’est pas resté à l’arrière ; il s’est levé de bonne heure, a maintenu son avance ; être où il se trouve signifie être de saison, au premier rang du temps. C’est l’expression de la santé et de la robustesse de la Nature, un geste fanfaron à l’endroit du monde entier, la vigueur d’une sourcejaillissante, une nouvelle fontaine des Muses, pour célébrer le tout dernier instant du temps. Là où il vit, on ne vote pas de lois contre les esclaves fugitifs. Qui n’a pas renié son maître à plusieurs reprises depuis qu’il a entendu cette note ?

[/cmsmasters_tab][cmsmasters_tab shortcode_id= »v3cgtv0ap » title= »Pour retrouver la cohérence de tout ça, retrouvez vos petits dans l’exercice poétique japonais en américain traduit en français. Voir de plus haut. VOIR. »]

re-Gary Snyder :

 

Lac à moitié gelé, à quatre mille mètres d’altitude

sa rive rocheuse est stérile

mais il est rempli de truites bondissantes :

les reflets vacillent dans l’enchevêtrement

de cercles

qui sans cesse se propagent

ce réseau insensé de vaguelettes trouve sa cohérence

vu de plus haut.

[/cmsmasters_tab][cmsmasters_tab shortcode_id= »l9kgjnh3l1″ title= »De sourds bondissements inconnus relient nature sauvage et être aimé. Le grand lien. Avec pour moyen l’écriture. « ]

Amis sauvagesRené-Guy Cadou. Hélène ou le règne végétal 1944-1951. Paris Seghers 1952-53.

Je parle d’animaux qui n’ont pas de parents

De sourds bondissements inconnus des poitrines

 

Beaux hommes sangliers

Que j’apaise d’un doigt

La bauge de mes yeux

Est pleine de pervenches

Soulevez les forêts

Et portez-les en moi

 

Je viens à vous cerviers

Amis des plaines blanches

Longs renards comme un jour

D’automne un peu couvert

Biches dont les flambeaux

Ensoleillent l’hiver

 

Je viens à vous passants

Du monde invulnérable

Perdrix au songe bleu

Qui laissez en rêvant

Tomber des champs de blé

Au-dessus de ma table

 

Je viens à toi surtout

Gardienne des chansons

Trésor de la vallée

Fille des sauges douces

Qui trouves pour m’aimer

La chaleur des moissons.

[/cmsmasters_tab][cmsmasters_tab shortcode_id= »xi44hxq3f » title= »Un classique pour finir en pleurant. De la grande empathie, pas de l’anthropomorphisme, n’est-ce pas ? « ]

Alfred de VIGNY

1797 – 1863

La mort du loup

 

I

 

Les nuages couraient sur la lune enflammée

Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée,

Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.

Nous marchions sans parler, dans l’humide gazon,

Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,

Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,

Nous avons aperçu les grands ongles marqués

Par les loups voyageurs que nous avions traqués.

Nous avons écouté, retenant notre haleine

Et le pas suspendu. — Ni le bois, ni la plaine

Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement

La girouette en deuil criait au firmament ;

Car le vent élevé bien au dessus des terres,

N’effleurait de ses pieds que les tours solitaires,

Et les chênes d’en-bas, contre les rocs penchés,

Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.

Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,

Le plus vieux des chasseurs qui s’étaient mis en quête

A regardé le sable en s’y couchant ; Bientôt,

Lui que jamais ici on ne vit en défaut,

A déclaré tout bas que ces marques récentes

Annonçait la démarche et les griffes puissantes

De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.

Nous avons tous alors préparé nos couteaux,

Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,

Nous allions pas à pas en écartant les branches.

Trois s’arrêtent, et moi, cherchant ce qu’ils voyaient,

J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,

Et je vois au delà quatre formes légères

Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,

Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,

Quand le maître revient, les lévriers joyeux.

Leur forme était semblable et semblable la danse ;

Mais les enfants du loup se jouaient en silence,

Sachant bien qu’à deux pas, ne dormant qu’à demi,

Se couche dans ses murs l’homme, leur ennemi.

Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,

Sa louve reposait comme celle de marbre

Qu’adorait les romains, et dont les flancs velus

Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.

Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées

Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.

Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris,

Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;

Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,

Du chien le plus hardi la gorge pantelante

Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer,

Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair

Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,

Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,

Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé,

Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.

Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.

Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde,

Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;

Nos fusils l’entouraient en sinistre croissant.

Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,

Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,

Et, sans daigner savoir comment il a péri,

Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

 

II

 

J’ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,

Me prenant à penser, et n’ai pu me résoudre

A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois, Avaient voulu l’attendre, et, comme je le crois,

Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve

Ne l’eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;

Mais son devoir était de les sauver, afin

De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,

A ne jamais entrer dans le pacte des villes

Que l’homme a fait avec les animaux serviles

Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,

Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

 

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,

Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !

Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,

C’est vous qui le savez, sublimes animaux !

A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse

Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.

– Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,

Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur !

Il disait :  » Si tu peux, fais que ton âme arrive,

A force de rester studieuse et pensive,

Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté

Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.

Gémir, pleurer, prier est également lâche.

Fais énergiquement ta longue et lourde tâche

Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,

Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.  »

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